chinese words
zhong guo – Chine « royaume du milieu »

 

 

 

J’ai choisi ce texte parce que tout y est dit, tels des mots clés :

« Le 1er octobre 1949, du haut de la tribune de Tian’anmen, Mao Tsé-toung proclame la République Populaire de Chine.

drapeau
République Populaire de Chine

Les fonctionnaires du monde entier, ceux des bureaux d’expéditions maritimes, ceux des services aériens, des postes, apposent le tampon « service interrompu » sur tous les envois. Le rideau, qui s’était levé une première fois sur la Chine quelque cinquante années plus tôt, retombe pour un complet changement de décor. 1949: trop tard pour visiter la Chine. Trop tard ou trop tôt. Il n’y a encore jamais eu de moment vraiment favorable et, à l’aube des années 1950, le tourisme est quasiment inexistant dans ces régions. De fait, les étrangers qui depuis un siècle débarquent sur le sol chinois sont rarement en voyage d’agrément. L’Occidental ne se promène pas en Chine, il y commerce, il évangélise, il bâtit, il exploite et il explore, il « civilise »… et de force!

1839, Canton est le seul port ouvert – très parcimonieusement- aux marchands occidentaux. Et cela ne leur suffit plus. Les Anglais détournent le problème et tentent alors la contrebande, inondant le Sud de leur opium indien. Une énorme cargaison saisie à Canton par l’administration chinoise met le feu aux poudres. C’est la première guerre de l’Opium qui aboutit en 1842 à la défaite chinoise et au traité de Nankin. Cette fois, la Chine est contrainte d’ouvrir cinq ports : Canton bien sûr, mais aussi Shanghai, Ningbo, Amoy et Fuzhou. Les étrangers y commerceront librement et pourront même, pour la première fois, y résider dans des quartiers sous traits à l’autorité chinoise : c’est le début des « concessions ». Par ailleurs Hong Kong est alors cédé à l’Angleterre et l’opium saisi est remboursé. Très encouragée par ces avancées britanniques, la France intervient l’année suivante pour imposer la présence de ses missionnaires, interdite depuis le XVIIIe siècle. Le prosélytisme, obstiné, maladroit et parfois arrogant, des catholiques français sera souvent une source de mécontentement pour les autres résidents étrangers qui craignent pour leur quiétude, voire pour leur sécurité. Surtout après les terribles massacres de Tientsin, en 1870.  Il n’empêche, dans toutes les concessions où l’on verra flotter le drapeau français, il y aura toujours – en perspective – un ou deux clochers tout neufs.

En tout cas, la France est aux côtés de l’Angleterre lors de la seconde guerre de l’Opium. Cette fois, Pékin, la « cathédrale de l’Asie », est forcée et, le 7 octobre 1860, le beau palais d’Été est saccagé et pillé. Puis incendié quelques jours plus tard, ce qui achève de ruiner cette merveille dont on retrouvera une partie des trésors dans le « musée chinois » de l’impératrice Eugénie, à Fontainebleau. Cette fois la Chine est contrainte d’ouvrir onze nouveaux ports, d’autoriser l’installation de légations occidentales à Pékin et de laisser les canonnières remonter le cours de ses fleuves. La dynastie mandchoue est en train de perdre la face et « le mandat du ciel ». D’autant que ce n’est pas fini. 1884-1885, la France intervient au Tonkin : c’est la guerre franco-chinoise, d’où la Chine sort perdante, à nouveau, laissant les Français s’installer librement en Indochine. Peu à peu, les puissances occidentales se font reconnaître le droit d’exploiter des mines, d’ouvrir des lignes de chemin de fer. Et quand, en 1900, l’armée internationale sous commandement allemand pénètre dans Pékin pour réprimer la révolte des Boxers, tout est dit. Le sacrilège ultime, l’occupation de la Cité Interdite, a été accompli. Pour Loti : « Pékin est fini, son prestige est tombé, son mystère percé à jour. » Commence alors la curée, le dépeçage du formidable dragon.

Les puissances occidentales se partagent désormais la Chine en zones d’influence, le tout protégé par des bases militaires. La Russie opère en voisine, dans la région de la Mandchourie. L’Allemagne est installée sur la péninsule de Shandong, l’Angleterre dans le bassin moyen du fleuve bleu (le Yang-Tsé-Kiang). Quant à la France, elle intervient dans les provinces du Sud-Ouest… et tente de relier l’Indochine. […] En 1911,  la Chine se prépare à vivre désormais en République. […] A l’aube des années 1920, il y a cependant du tourisme en Chine, et même du tourisme très élégant, à Hong Kong, par exemple… mais qui n’est justement pas la Chine, ou alors une Chine victorienne. L’arrivée par la mer, à elle seule, vaudrait le déplacement. Claude Farrère, dans Les Civilisés, nous en offre une carte postale 1900 à vous donner le frisson. On entre par la passe ouest, à bord d’un grand navire rapide qui « tranche l’eau sans remous » tandis que les sampans lui font place et que « les canons du fort répondent à son salut ».

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